Il y a des héros de papier qui restent sagement dans leurs albums. Et puis il y a Corto Maltese. Marin sans pavillon, gentleman de fortune né à La Valette en 1887, il navigue depuis 1967 — quand Hugo Pratt l'a fait surgir des pages de La Ballade de la mer salée — à travers le siècle et ses tempêtes. Pacifique, Patagonie, Sibérie, Venise, Samarcande, Éthiopie : partout où ça sent la poudre, l'opium ou la révolution, Corto traîne sa silhouette et sa boucle d'oreille.
Pratt dessine au pinceau, à la plume, au lavis. Trois traits suffisent pour une vague, deux pour un visage. Et derrière chaque case, il y a Conrad, Stevenson, London, Borges — toute une bibliothèque qui infuse l'encre. De la BD qui pense, qui rêve, qui cite à voix basse.
Vous trouverez ici l'œuvre complète, en couleur et en noir et blanc. La Ballade pour commencer, Fable de Venise pour rêver les yeux ouverts, Corto Maltese en Sibérie pour le souffle épique. Après, vous reviendrez. On revient toujours.