Vous connaissez le problème.

Il aime la bande dessinée. Beaucoup. Vous avez donc eu cette excellente idée : lui offrir une BD.

Et puis vous avez regardé sa bibliothèque.

Mauvaise idée.

Il possède déjà tout Franquin, connaît probablement l’ordre des albums de Tintin mieux que vous et pourrait vous expliquer pendant vingt minutes pourquoi cette édition de son album préféré n’est absolument pas la même que celle qui se trouve juste à côté.

Alors, qu’offre-t-on à quelqu’un qui a déjà toutes les BD ?

Chez La Case au Trésor, c’est une question que nous connaissons bien. Derrière le site, il y a deux librairies spécialisées, La Case à Bulles et Kazamanga. Des lecteurs et des collectionneurs, nous en voyons donc passer tous les jours.

Et la première chose que nous avons apprise, c’est qu’un bon cadeau ne commence pas forcément par un produit.

Il commence par une question :

Qu’est-ce qu’il aime vraiment ?

Il adore un personnage ? Partez de là.

Gaston, Spirou, Lucky Luke, Tintin, Goldorak, Corto Maltese…

Chez beaucoup de lecteurs, certains personnages ont depuis longtemps quitté la bibliothèque. Ils rappellent une époque, une rencontre avec la BD, parfois simplement l’enfance.

Et c’est là que l’objet de collection devient intéressant.

Une figurine réussie n’est pas seulement la reproduction d’un personnage. Elle peut faire surgir une case, un gag ou un souvenir.

Prenons Gaston.

Une figurine comme Gaston et la Mouette fonctionne immédiatement parce qu’on y retrouve tout un univers. Mais avec une pièce comme Gaston Petit Chimiste de Pixi, on va encore plus loin : la figurine reconstitue une scène, avec son laboratoire improbable et cette impression délicieuse que la catastrophe est imminente.

Ce n’est plus seulement Gaston que l’on offre. C’est un petit morceau de Franquin sorti de la case.

Nous avions d’ailleurs consacré un article à Gaston et aux figurines Pixi pour ceux qui veulent explorer cet univers.

Il a déjà tous les albums ? Peut-être pas celui-là.

« Il a déjà toutes les BD » est une phrase à prendre avec précaution lorsqu’on parle à un collectionneur.

Parce qu’il y a l’album… et puis il y a son album.

Une édition particulière. Un tirage limité. Un ex-libris. Une version signée. Une édition devenue difficile à trouver. Un objet éditorial suffisamment différent pour trouver naturellement sa place à côté de l’édition courante.

C’est aussi pour cela que nous avons créé notre sélection Collectors.

Le plaisir n’est alors plus simplement de découvrir une histoire. C’est de posséder une édition qui raconte elle-même quelque chose.

Et parfois, oui : le meilleur cadeau pour quelqu’un qui a déjà toutes les BD reste une BD.

Mais pas tout à fait la même.

Vous ne connaissez rien à la BD qu’il aime ? Ne faites pas semblant.

C’est probablement notre conseil préféré.

Si votre collègue vous explique qu’il adore Blake et Mortimer et que, pour vous, Blake est celui avec la moustache — ou peut-être Mortimer — ce n’est pas grave.

N’achetez pas au hasard.

Cherchez plutôt un indice.

Quel personnage revient dans sa bibliothèque ? Quelle série traîne sur sa table basse ? Parle-t-il de manga, de comics, de franco-belge ? Est-il plutôt nostalgique, cinéphile, amateur de belles images ?

Sur La Case au Trésor, nous avons justement choisi d’organiser nos objets par grands univers : manga, franco-belge, comics, Tintin, pop culture ou cinéma.

On peut donc commencer à chercher sans connaître la référence exacte de l’objet convoité.

Et surtout : demandez conseil.

C’est encore la méthode la plus efficace.

Pour un collectionneur, offrez une histoire plutôt qu’un prix

On imagine parfois qu’un collectionneur attend forcément une pièce spectaculaire et chère.

Pas nécessairement.

Ce qui fait mouche est souvent le détail que l’autre va reconnaître.

Une posture. Un véhicule. Une scène. Un personnage secondaire. Une référence que seuls ceux qui connaissent vraiment l’univers vont comprendre.

C’est particulièrement vrai avec la para-BD : certaines pièces mettent simplement un héros en scène, tandis que d’autres transforment littéralement une case de bande dessinée en trois dimensions.

C’est ce que nous aimons dans les créations Pixi autour de Gaston, ou dans les véhicules inspirés de Franquin. Nous avions par exemple raconté l’histoire de la Turbotraction de Spirou et Fantasio et de son passage de la BD à l’objet.

Pour choisir un cadeau, la bonne question devient alors :

« Quelle histoire cet objet va-t-il lui rappeler ? »

Et pour quelqu’un qui a grandi avec Goldorak, Star Wars ou le cinéma ?

C’est là que les frontières deviennent amusantes.

Les lecteurs de BD ne vivent pas uniquement dans des cases.

Ils ont souvent grandi avec des dessins animés, des films, des comics, des mangas, des jeux et toute une culture populaire qui finit par former un imaginaire commun.

Goldorak en est un formidable exemple.

Pour toute une génération, quelques mots, une silhouette ou un générique suffisent. L’objet devient alors presque une machine à remonter le temps.

Nous avons consacré un article aux 50 ans de Goldorak et à son univers de collection, mais le principe fonctionne tout aussi bien avec le cinéma, les comics ou les grandes sagas de la pop culture.

Un bon cadeau n’a donc pas besoin de rester sagement dans la catégorie « bande dessinée ».

Il peut simplement raconter la culture de celui à qui vous l’offrez.

Petit cadeau ou cadeau exceptionnel ?

Bonne nouvelle : être collectionneur ne signifie pas nécessairement collectionner des objets à plusieurs centaines d’euros.

On peut chercher un clin d’œil, un personnage, une petite figurine ou un objet accessible.

À l’autre extrémité, pour un anniversaire important, un départ, un cadeau commun ou simplement une très belle occasion, une pièce numérotée ou une grande scène de collection peut devenir un cadeau à plusieurs.

Le budget ne devrait donc pas être le point de départ.

Nous préférons généralement procéder dans cet ordre :

l’univers → la personne → l’occasion → le budget.

Pas l’inverse.

Le cadeau le plus difficile : celui d’un vrai collectionneur

Là, prudence.

Plus quelqu’un collectionne, plus il sait précisément ce qu’il veut… et ce qu’il ne veut pas.

Un amateur de Tintin ne collectionne pas nécessairement tout Tintin. Un passionné de Franquin peut rechercher Gaston mais pas Spirou. Un collectionneur Pixi peut suivre certaines séries, certains tirages ou certaines époques.

Dans ce cas, plutôt que d’essayer de battre le collectionneur sur son propre terrain, donnez-nous quelques indices.

Une photo de sa vitrine peut parfois en dire davantage qu’une longue explication.

Nous pouvons regarder ce qu’il possède déjà, identifier son univers et essayer de trouver la pièce à laquelle vous n’auriez pas pensé.

C’est aussi ça, notre métier.

Finalement, qu’est-ce qu’on offre à quelqu’un qui a déjà tout ?

Probablement pas « quelque chose de plus ».

Quelque chose qui lui ressemble.

Une case qu’il connaît par cœur devenue figurine. Le véhicule d’un héros de son enfance. Une édition particulière d’un album qu’il aime. Un objet lié à un film qui l’a marqué. Ou cette pièce complètement inutile dont aucun adulte raisonnable n’a besoin…

… et qu’il aura pourtant immédiatement envie de mettre au milieu de sa bibliothèque.

Nous connaissons assez bien ce sentiment.

C’est même un peu la raison d’être de La Case au Trésor.

Vous séchez encore ?

Dites-nous simplement pour qui vous cherchez, ce qu’il ou elle aime et votre budget.

Même avec très peu d’indices — « il aime Gaston », « elle lit beaucoup de mangas », « il adore les vieux films », « elle collectionne Tintin » — nous pouvons déjà commencer à chercher.

Parce qu’au fond, trouver un cadeau pour quelqu’un qui a déjà tout, ce n’est pas chercher ce qu’il n’a pas.

C’est trouver ce qu’il n’aurait pas pensé à s’offrir lui-même.

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